Présentation du CCO

Pour notre premier article nous voulons faire part de nos avancées de recherches et de notre expérience sensible du quartier, nous avons voulu retranscrire nos premières impressions concernant ce fameux Carré de soie. Quartier qui animera le cœur de l’enquête que nous réaliserons au cours des prochains mois en partenariat avec le CCO.

Arrivés par les transports en commun (métro, bus, tram) à l’arrêt de Vaulx-en Velin la Soie, puis orientés par un GPS de smartphone ou par les vagues souvenirs d’un précédent passage dans le quartier, chacun se dirige en direction du CCO situé rue Alfred de Musset à Villeurbanne.

Que le trajet ait été effectué au pas de course ou à pas lents, le même constat nous frappe : un étonnant contraste est perceptible entre les différents espaces urbains traversés.

La zone du Carré de Soie se montre dès le premier regard comme marquée de frontières. Le quartier témoigne d’une discontinuité urbaine renvoyant à des atmosphères et sensations diverses créant des barrières sensibles entre les différents espaces d’urbanité.

Passant des hauts immeubles de bureaux en verre à une friche désertique surmontée de quelques usines aux bâtiments délaissés, le paysage apparaît alors déstructuré. Du plein de la place du métro, saturée de circulants, au vide de l’ancienne zone industrielle sujette au délabrement, le quartier du Carré de soie donne à voir le spectacle assez courant d’un environnement en transition. En l’occurrence celui d’une ville en reconversion du textile au tertiaire.

Souhaitant accompagner cette mutation urbaine, le CCO s’est installé là. Mais arrivé à ses portes un doute s’installe : est-ce vraiment ici ? Me suis-je perdue ?

Après quelques troubles instants, rassurés par la plaque officielle indiquant CCO, on ose enfin entrer. Les premiers pas dans le lieu surprennent encore. Reprenant le vocabulaire visuel de l’occupation, l’intérieur évoque à tous celui des squats. Remplie de vie et de mouvements le CCO vous accueille les bras ouverts, sans vous poser de questions. Le crédo du CCO c’est : tu pousses la porte, tu chemines, tu trouves des ressources, tu deviens une ressource. Autrement dit : convivialité, partage et plaisir.

Afin de nous faire visiter le quartier, autrement que par nos propres moyens, une balade fut organisé l’après-midi même.

La balade urbaine effectuée cet après-midi nous a permis de nous familiariser avec le quartier, du moins, une partie du quartier finement sélectionnés selon un critère que l’on peut qualifier d’ “Historique”. En effet nous avons quitté le CCO en direction de la rue de l’Eglise pour rejoindre le croisement entre cette même rue et l’allée du stade, devant l’usine de textile TASE. Ce premier point nous a permis de nous arrêter devant un monument en mémoire de cette usine.

Le quartier s’est donc limité durant cette balade à une Histoire du textile dans “Le Carré de Soie”. La majorité des personnes étant âgés, y compris la personne qui nous narrait cette visite, ce qui nous a permis de comprendre que la vision du quartier par ces participants est davantage un patrimoine culturel et historique, plutôt qu’un quartier ou des personnes logeaient. La suite de la visite s’est faite dans l’ancienne usine de soie elle-même, qui sert aujourd’hui de musée, à moitié en reconstruction, avec des objets d’époques exposés dans quelques couloirs et salles. En posant quelques questions aux participants, la majorité n’étaient pas du quartier et donc leurs ressentis peuvent être biaisés par leur non connaissance du quartier, ainsi que la balade elle-même qui avait plus vocation à nous narrer l’Histoire du Carré de Soie.

Auteurs : Vignaud Camille, Lecuyer Maud, Hammad Amhed

2020-01-06T16:58:47+00:00novembre 15th, 2019|Categories: Acte II, Journal de terrain d'apprentis anthropologues|0 Comments
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