LE CALENDRIER


LE CONTEXTE


Le CCO est impliqué avec les membres du GIE Est-Habitat dans le projet de création de l’« Autre Soie », un projet d’innovation sociale et culturelle, situé dans un secteur du centre-est de l’agglomération lyonnaise, sur les villes de Villeurbanne et de Vaulx-en-Velin. Le territoire marqué par la désindustrialisation est aujourd’hui réinvesti par les pouvoirs publics dans le cadre d’un grand projet urbain pour créer un pôle économique dans le tertiaire, une offre de logements diversifiée, un pôle de transports publics, une trame verte reliant les sites naturels majeurs et une mise en valeur de « l’esprit des lieux ». Sur un même espace urbain, de nouveaux espaces de travail et de loisirs  côtoient ainsi des traces du passé industriel et des migrations successives qui connaissent des destins divers entre déclassement et patrimonialisation.

Dans un des bâtiments annexes d’un ancien IUFM1 promis à une probable destruction à moyen terme, un CAO a été installé. Depuis le 21 novembre il a vu se succéder plusieurs vagues de personnes. Il héberge actuellement 140 hommes migrants seuls, la majeure partie sont ceux déplacés depuis le démantèlement de Calais et, plus récemment, à ceux du Campement Grand Synthe.

Actuellement, la moitié de ces personnes viennent du Soudan et d’Afghanistan, les autres sont Érythréens, Pakistanais, Kurdes, Libyens, Guinéens, Burkinabés, Ethiopiens…

Une majorité d’entre eux est inscrite dans la démarche de demande d’asile. Tous devraient partir d’ici fin Octobre 2017. La gestion du centre dépend de l’association Forum Réfugiés-Cosi .

Il s’agit d’un projet de longue haleine (2017-2025) qui se divise en plusieurs parties nommées Actes.

L’Acte 1 correspond à la durée de vie du CAO (novembre 2016-octobre 2017), il questionne les rapports entretenus par les demandeurs d’asile avec leur environnement urbain et met en place un dispositif visant à garder une trace de leur passage

Démarrage de la recherche-Action le 1er février 2017

UNE RECHERCHE-ACTION


Avec un groupe de chercheurs et une résidence d’artistes, nous initions un dispositif pluridisciplinaire : « Palimpseste », la fabrique de l’urbain.
Nous voulons saisir les transformations urbaines et humaines majeures qui vont traverser le site de notre nouvelle implantation et l’impact de l’arrivée progressive du projet sur la fabrication de la ville inclusive que nous cherchons à tisser.
Dans une démarche d’inclusion autour de la culture comme moteur de développement humain nous allons mener de front le temps court du passage des migrants ressortissants de Calais accueillis par Forum Réfugiés dans les lieux de notre futur projet et la lente sédimentation patrimoniale des transformations.

À court terme : Avec le CAO autour de la question de l’inscription des migrants dans le quartier, notamment sur les traces et les absences de traces des personnes placées en situation de transit.

À plus long terme : Autour de la transformation du quartier et des formes d’appropriation de différents lieux qui créent des palimpsestes mémoriels autour de l’industrialisation, de la désindustrialisation et de la rénovation urbaine.

Le projet Palimpseste est une démarche pluridisciplinaire et proactive, réunissant des compétences et des disciplines différentes : le comité scientifique, les artistes, les migrants, les professionnels de la culture (CCO, Rize), et du social (CAO), ainsi que l’implication de plusieurs associations et institutions de terrain (associations de mémoire, Lycée Alfred de Musset, chorale, centre social, habitants, conseil de quartier…).

L’université de Bourgogne et l’Université Lumière Lyon 2 font partie intégrante du projet, elles sont à la fois engagées dans le comité scientifique du projet et cette implication se complète par  un partenariat avec leurs masters respectifs

DESCRIPTIF DE L’ACTE 1


Méthodologie et dispositifs

Ce travail se base sur des méthodes de l’ethnologie: l’observation participante et les entretiens semi-directifs. Les personnes hébergées profitent de la présence des ethnologues pour entretenir une relation « non institutionnelle ».  Des dispositifs d’interactions ont été mis en place par les étudiants Ludovica Botteglieri, Alessandro Marinelli, complétés par la médiation réalisée à travers la programmation culturelle et artistique  proposée par le CCO :

  • Travail avec les migrants sur la mémoire des lieux à travers la construction d’un blog qui sert de restitution d’une recherche-action, d’espace d’échange avec les différents membres impliqués dans le projet, lien avec les demandeurs d’asile qui repartent et plus largement de trace déterritorialisée du travail en train de se faire, avec son volet « carnet de bord ».
  • Les Balades urbaines sont un dispositif répondant aux exigences du stage (travail avec les migrants sur la mémoire des lieux) et de l’enquête ethnologique, avec la participation directe de Marina Chauliac dans l’enquête. Il s’agit d’accompagner les hébergés à la découverte et l’appropriation des espaces urbains autour du CAO et au-delà dans l’agglomération lyonnaise, confronter les points de vue sur les lieux, opérer ensemble un lien avec le quartier et y faire trace, à travers des récits, de photos.
  • Ateliers de musique pour favoriser le contact avec les hébergés, le partage de souvenirs, d’impressions, dans un langage artistique.
  • Ateliers de construction en coopération avec des hébergés du CAO, des bénévoles et l’équipe Pourquoi Pas, co-construction d’objets de mobilier à travers le partage de savoirs-faire différents.
  • Résidence artistique Audioscope au CAO.
    Le projet Audioscope interroge le sens de graver et de conserver des informations sur un objet physique et explore des supports hybrides pour conserver, transmettre, partager des données audiovisuelles. Il propose de créer une collection de disques-images. Cette collection est réalisée lors d’ateliers avec des personnes hébergées au centre, à partir d’échanges d’images, de récits et de sonorités.Le résultat de l’expérience est un temps de découverte de la collection de disques visuels et sonores, animées sur une platine vinyle augmentée.
    Blog: http://palimpseste.autresoie.com/2017/03/01/une-journee-avec-des-artistes/
    Vidéo : Palimpseste #1 >

Évènements

  • Mémoire Vive25 Mars

Dans le cadre du festival Mémoire Vive, la journée a commencé avec une balade à vélo suivie par un pique-nique dans le parc de l’IUFM. Un moment de partage entre les habitants du quartier, des chants du monde partagés avec l’artiste Pédalo Cantabile, les partenaires et les résidants du CAO. Soirée au CCO, les spectacles Petit Prince multilingue et Café Ulysse polyglotte ont favorisé la participation des migrants dans un événement métropolitain.

  • Rencontres du Carré de Soie 8 avril 

    Le 8 Avril 2017 Première édition des Rencontres, plusieurs partenaires se sont réunis pour faire découvrir la richesse du territoire du Carré de Soie. Nous avons ouvert les portes d’un parc centenaire, celui de l’IUFM, caché par l’ancien foyer de jeunes filles de l’usine TASE.Un moment pour relier l’histoire passé (exposition proposée par l’association MémoireS), celle du présente avec les migrants installés dans les bâtiments de l’ancien IUFM et les projets de rénovation urbaine future grâce à l’installation d’un salon de présentation du projet.
    http://palimpseste.autresoie.com/2017/04/13/rencontres/

  • Balades 9 juin 

    Un comité scientifique en marche avec l’accompagnement cartographique de l’université populaire.Un format mobile pour expérimenter une manière de produire collectivement de la connaissance sur un espace urbain en mutation, le Carré de Soie. Cette marche sera cartographiée avec la complicité des participants de l’atelier de l’Université populaire de Lyon, et des chercheurs Sarah Mekdjian et Myriam Suchet dont la démarche propose de se saisir des cartes pour « mieux se perdre », car « tous les chemins mènent ailleurs ».

  • Balade 10 Juin 

    Exploration urbaine. Découverte végétale du quartier de l’ancienne usine TASE en partenariat avec le Rize et la Maison du projet de la Soie.

  • Restitution 23 juin 

    Une étape de restitution du travail de recherche-action mené par Ludovica Bottiglieri, Alessandro Marinelli, Marina Chauliac et la résidence artistique de Marcelo Valente et Magali Rastello au Rize.